Le puits enchanté -Grimm

August 20, 2016

 

Les mythes et les contes sont des histoires qui nourrissent notre imaginaire, notre merveilleux. Ce sont des outils qui nous reconnectent à la magie que notre société cartésienne a éradiquée de notre quotidien. J’avais déjà invité les mythes pour nous raconter nos racines. Aujourd’hui, j’invite les contes pour prendre soin de nos fruits. Pour commencer la série, voici “puits enchanté” des frères Grimm.

 

 

“Ce qui embellit le désert, c’est qu’il cache un puits quelque part…”

 

La thématique du puits est un sujet qui a fait couler beaucoup d’encre. Et en kabbale mystique, c’est un sujet que nous a beaucoup raconté Georges. Et justement, il est un merveilleux conte de Grimm, “le puits enchanté” qui parle de puits, de neige et d’or.

Je plante le décor : une marâtre, deux filles, la paresseuse, fille aimée de sa mère et la laborieuse, belle-fille détestée de la veuve.

Cette dernière doit filer sans relâche au bord d’un puits. Les mains ensanglantées, elle laisse tomber l’ouvrage. La marâtre l’oblige à aller le chercher. Au fons du puits, elle perd connaissance et se réveille dans une nature enchantée où pains et pommiers lui parlent, tandis qu’elle est recueillie par une vieille femme aux longues dents qui s’avère être la dame des neiges. C’est elle qui fait neiger sur terre par l’entremise des plumes de son coussin et c’est la jeune fille qui reprendra cette tâche, avec d’autres pour obtenir ses repas. Au bout d’un temps, elle eut le mal du pays. La dame des neiges la raccompagna jusque chez elle par un portail, la remercia de ses bons et loyaux services et la couvrit d’or. C’est ainsi qu’elle put rentrer chez elle.

Bien sûr, la paresseuse envia la laborieuse et voulut elle aussi la part du gâteau. Au fonds du puits, les mêmes évènements furent au rendez-vous aux mêmes endroits mais la paresseuse passa à côté de chacun des rendez-vous, pressée qu’elle était d’être couverte d’or.

Mais la fin fut différente pour elle : la dame des neiges la raccompagna aussi par le portail mais elle fut couverte d’une poix gluante et collante qu’elle n’arriva jamais à enlever.

 

Si nous analysons ce conte à la lumière de la symbolique alchimique et kabbalistique, avec les deux jeunes filles, on trouve énormément de thèmes  :

  • La métaphore du travail sur soi;

  • Du point de vue opératif, la matière que l’on purifie pour permettre le passage de la lumière, l’autre enroulée dans l’épaisseur, dans la noirceur;

  • En kabbale mystique, c’est la combinaison des évènements, le tissage de chaque action qui nous fait vivre tel ou tel destin. D’où l’importance d’accorder son attention à chaque instant.

  • En kabbale mystique, c’est la fille qui donne le futur, mais quand elle perd sa joie, quand elle rentre dans la tristesse, elle se voile et la lumière ne peut plus être reflétée. Dans le conte, c’est la neige qui lui redonne cette joie, neige qui a un lien avec la rosée mais aussi avec le verbe créateur. C’est la neige qui lui permet d’être couverte d’or;

  • Cette neige arrive sur terre par les plumes du coussin, cet objet sur lequel on dort, souvent sur nos deux oreilles… Les plumes, c’est léger, aérien, mercuriel et le chant des oiseaux est lié en kabbale à l’alchimie, à la transmutation.

Et la thématique du puits aussi qui est très riche :

  • En kabbale, BER, le puits, a des lettres qu’on retrouve dans le premier mot de la Bible, le BERESHIT. Mais ce sont aussi les lettres de la racine BARA qui signifie créer, mais aussi de BOR, la potasse, qu’en opératif on utilise pour ouvrir la matière et en faire sortir sa lumière. Au fonds du puits, il y a cette noirceur, d’où peut émerger la lumière. Dans la Bible, c’est Joseph, Maître des rêves qui est précipité dans le puits pour trouver son destin. Tout comme les deux jeunes filles du conte, qui se réveillent après cette descente dans un autre univers.

  • Le puits, c’est aussi une bouche. Et il y a tout un jeu dans la symbolique kabbalistique tant avec la salive qui est une rosée mystique et qu’avec la neige qui ressuscite avec le verbe créateur.

Donc finalement, quand nous avons la sensation d’être dans le fond du bac ou dans le fond du puits, le conte de Grimm nous invite à nous recentrer sur tous les petits évènements que la Vie met sur notre route et à les savourer. Chaque instant aura une incidence sur la combinaison des évènements qui me permettra de sortir du puits.

D’être attentif à nos rêves, et bien posé sur notre oreiller, qui est là somme toute pour nous assurer repos et sérennité, à calmer le jeu et à réutiliser un verbe créateur qui peut permettre une transmutation. Et plein de ces merveilles, de ces richesses, de cette lumière, revenir, éclairé, dans notre  quotidien.

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